| On vous croit blasé, à l'abri désormais
de toute surprise. Et puis vous arrive sur le coin de la figure,
au bout de huit cent quarante "Jazz Clubs" hebdomadaires,
ce drôle de trio - un piano, deux saxs - qui joue des oeuvres
fortes et originales, savantes au dedans et croustillantes à
l'oreille, et qui vous donnent envie de retomber en enfance pour
retrouver une vraie soif de s'en goinfrer. Car cette musique semble
avoir le désir pur de dire sans pathos des choses profondes,
justes et vraies, et sans doute simples comme la vie, l'amour, la
paix, l'eau fraîche, le ciel bleu, et la peur de les perdre.
Claude Carrière |